Un expert militaire ukrainien a dit n'observer "aucun signe de concentration de forces et de matériel du côté bélarusse de la frontière". Une telle offensive est "improbable".
Des militaires ukrainiens (illustration.) ( AFP / TETIANA DZHAFAROVA )
L'Ukraine a déployé des forces "sans précédents" dans sa partie septentrionale, à la frontière avec le Bélarus, évoquant jeudi 21 mai la menace d'une nouvelle attaque à partir du territoire de cet Etat allié de la Russie.
Ces mesures, "sans précédent par la quantité de forces et de ressources déployées", selon les services de sécurité (SBU), visent à "constituer un moyen de dissuasion efficace contre toute action ou opération agressive de l'ennemi (russe) et de son allié". Sont concernés par ce déploiement la police, l'armée, la garde nationale et les garde-frontières. Cinq régions, notamment celles de Tcherniguiv, de Kiev et de Rivné, sont concernées. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré dans la foulée se trouver à Slavoutytch, dans le nord de son pays, où il a évoqué avec les responsables locaux la construction de structures défensives.
Le Bélarus et la Russie "doivent clairement sentir qu'il y aura des conséquences s'il y a des actions agressives contre l'Ukraine", a-t-il dit sur Telegram. Lundi, le Kremlin avait balayé d'un revers de la main les allégations ukrainiennes selon lesquelles Moscou s'apprêtait à impliquer Minsk dans le conflit.
Le président bélarusse Alexandre Loukachenko a quant à lui assuré jeudi que son pays ne constituait "aucune menace pour qui que ce soit" mais qu'il était prêt à défendre la Russie "par tous les moyens possibles".
Kiev menacée ?
Depuis plusieurs semaines, l'Ukraine dit craindre que la Russie n'utilise le Bélarus pour lancer une nouvelle offensive à partir du nord, y compris en direction de la capitale. Elle avait déjà émis des craintes similaires en 2023 et 2024 sans que celles-ci se matérialisent.
En revanche, au début de l'invasion de l'Ukraine en février 2022, le Bélarus avait permis aux troupes russes de déclencher à partir de son sol une vaste attaque dans le nord du territoire ukrainien en direction de Kiev.
La Russie et le Bélarus effectuent depuis mardi des exercices militaires impliquant les forces nucléaires russes , qui doivent prendre fin jeudi. Le ministère russe de la Défense a signalé que l'armée avait notamment procédé avec succès à des tirs d'essai des missiles Kinjal, Yars, Sineva et Iskander-M, à capacité nucléaire, ainsi que du missile hypersonique Zircon.
Interrogé par l' AFP sur la probabilité d'une offensive à partir du Bélarus, l'expert militaire ukrainien Serguiï Zgourets a estimé qu'un tel scénario était improbable et a dit n'observer "aucun signe de concentration de forces et de matériel du côté bélarusse de la frontière". Selon lui, les annonces ukrainiennes sont à prendre comme étant "des mesures d'information préventives" à destination de Moscou.
0 commentaire
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer